Même dans nos pays modernes et industrialisés, les petits d’homme sont des mammifères adaptés au portage. Vous ne risquez donc pas de donner de mauvaises habitudes à votre bébé si vous le prenez dans vos bras quand il pleure. Au contraire, vous le rendez plus fort ! En répondant à ses besoins, vous renforcerez sa confiance et son estime de soi.
La biologie comportementale et l’évolution de l’homme nous apprennent que nous appartenons aux « primates porteurs (et portés) », et que nos bébés sont du type « petit marsupial », les deux autres types étant les « nidicoles » (qui, comme les oiseaux, se développent dans un nid) et les « nidifuges » (ceux qui n’ont pas de refuge). Les « nidicoles » ont les orifices auriculaires fermés à la naissance, ne savent pas bouger seuls et arrivent à peine à régler la température de leur corps. Leur survie dépend du nid protecteur où ils sont laissés par leur mère. Ils ne prennent que très peu de repas mais très riches. En l’absence de leur mère, ils sont calmes.
Les « nidifuges » en revanche sont une copie miniature de leurs parents. Ils peuvent suivre leur mère rapidement après la naissance et ont besoin de rester toujours à proximité d’elle.
Avant la définition du « primate porteur et porté » par le professeur Hassenstein en 1970, le petit de l’homme était considéré comme faisant partie des « nidicoles ». Malheureusement, cette théorie transparaît aujourd’hui encore dans beaucoup de conseils donnés aux jeunes parents. En réalité, le nourrisson n’est ni nidicole, ni nidifuge.
Les marsupiaux (tels que les singes, les koalas, etc) sont capables de s’agripper avec leurs mains et leurs pieds dans la fourrure de leur mère, mais le nourrisson n’a pas cette possibilité : il a besoin d’être porté et tenu.
Le nourrisson ressent la solitude comme un abandon, une situation dangereuse et ressent alors une terreur instinctive. Il n’est donc pas étonnant qu’il se mette à pleurer s’il est laissé seul dans une pièce.
Le type « marsupial » représente l’adaptation du petit à la vie nomade que menait l’homme. L’homme s’étant sédentarisé il y a environ 10000ans, cette période est trop courte pour une adaptation biologique et génétique aux nouvelles conditions de vie.
La morphologie du nourrisson prouve également qu’il est adapté au portage. L’achèvement du développement des hanches, dont les cartilages sont encore souples, est favorisé par la position en « grenouille » (jambes écartées et pliées, genoux situés plus haut que les fesses). (Thèse du Professeur J. Büschelberger, Docteur en médecine, Dresde, 1961)
Intéressons-nous au développement de la colonne vertébrale :
A la naissance, la colonne vertébrale est complètement arrondie (cyphose totale), ce qui induit la position pliée des jambes (en « grenouille »). La colonne vertébrale s’étire en trois phases pendant la première année, suivant la musculation du tronc de haut en bas.
Pendant les premières semaines de la vie du nourrisson, nous observons le premier étirement des vertèbres cervicales.
Allongé sur le ventre, l’enfant réussit à soulever la tête, à la tenir et à la tourner. Ensuite, il y parvient également en position couchée sur le dos.
Cette phase est appelée la « lordose cervicale ».
Ensuite le bébé renforce les muscles fléchisseurs et extenseurs (les muscles fléchisseurs se trouvent du côté du sternum et du ventre, les muscles extenseurs du côté dos).Petit à petit, toute la partie moyenne, soit les douze vertèbres dorsales, peut s’étirer. Cette phase, appelée cyphose thoracique, s’achève quand le bébé maîtrise la position assise.
Pour se déplacer à quatre pattes, l’enfant doit encore attendre que les cartilages des vertèbres soient assez forts et les muscles assez développés. L’entraînement des muscles et de la colonne vertébrale vont de pair.
L’enfant va maintenant se hisser et essayer de faire ses premiers pas. Ceci demande de la force et le soutien des cinq vertèbres lombaires.
La colonne vertébrale achève sa courbe en S et la dernière étape, la lordose lombaire se termine.
« ….grâce à la musculation du cou et des épaules et aux contacts sociaux en dehors de la dyade mère-enfant, la lordose cervicale (lordose = courbure vers l’avant) se forme en quelques semaines, lorsque la partie dorsale et lombaire restent en position cyphotique jusqu’au début de la marche. (Thèse du Professeur J. Büschelberger, Docteur en médecine, Dresde, 1961)
Nous pouvons déduire de ces connaissances du développement de la colonne vertébrale quelques règles de bases à respecter pour le portage du bébé :
° Nous avons besoin d’une écharpe solide, ayant une certaine élasticité afin de soutenir le dos du bébé fermement tout en lui permettant de s’arrondir (l’écharpe doit épouser le corps au plus prés). Quand le bébé s’endort et que les muscles se détendent, le dos s’arrondit. C’est à ce moment- là qu’un bon soutien est important, afin que le nourrisson ne s’affaisse pas dans l’écharpe.
° L’écharpe doit garantir une position correcte des jambes, c’est-à-dire en « grenouille ».
° L’installation correcte du bébé dans l’écharpe permet un amortissement de tous les chocs occasionnés par les mouvements. Ainsi les vertèbres et les disques intervertébraux sont protégés.
L’écharpe doit également aider à soutenir le corps du porteur. Nous n’avons pas besoin de maîtriser une multitude de nœuds pour alterner les positions de portage et soulager les muscles sollicités. Nous avons besoin de positions qui nous permettent de porter nos enfants dans la joie et sans avoir mal. Porter n’est pas supporter !
De plus, l’installation de l’écharpe devrait soulager le périnée, déjà bien sollicité pendant la grossesse et l’accouchement.
IMPORTANT : Installez toujours votre bébé tourné vers vous !
En portant votre bébé tourné vers vous, vous lui permettez d’être au calme chaque fois qu’il en éprouve le besoin. Il peut se blottir contre vous dans l’écharpe et se trouver ainsi à l’abri des perturbations indésirables.
Autres avantages du portage pour les parents et leur bébé :
La naissance du bébé a complètement chamboulé votre vie. L’écharpe porte-bébé vous aide à vous adapter plus facilement aux conditions et à retrouver le rythme de la vie familiale au quotidien. Vous pouvez en même temps porter votre enfant et vaquer à vos occupations (courses, promenades, ménage, repas, rendez-vous de travail ou de détente entre amis), pas besoin de laisser pleurer votre bébé dans un berceau. Le contact corps à corps vous permet rapidement de mieux connaître votre enfant et de gagner en assurance. Bon nombre d’obstacles difficiles à franchir avec une poussette, tels que escaliers, transports en commun, sentiers de randonnée s’évanouissent.
Le parent se retrouve les mains libres pour s’occuper des aînés, ce qui peut aider à éviter certains problèmes de jalousie. Si les aînés sont encore petits, ils apprécient également d’être portés de temps en temps ; s’ils sont déjà plus âgés, ils seront fiers de pouvoir porter le petit dans l’écharpe et pourront ainsi créer des liens de grande proximité avec lui.
Votre bébé sera content de pouvoir participer à la vie quotidienne et vous serez ravie de satisfaire ses besoins.
Pour les pères aussi, l’écharpe permet de créer une relation affective solide et profonde avec leur enfant. Ils apprennent rapidement à mieux le connaître, à reconnaître son langage, à s’adapter émotionnellement et à profiter simplement de ces moments de corps à corps. La mère a déjà vécu une relation très étroite avec l’enfant pendant les neufs mois de grossesse ; le portage permet au père d’avoir sa part de grande proximité physique avec lui.
Le portage en écharpe permet au bébé de s’adapter tout en douceur à la vie extra-utérine. Près du corps, il retrouve des sensations familières. Les battements du cœur et la voix de la mère et/ou du père, la chaleur et le mouvement lui procurent bien-être et confiance.
Il peut se nicher comme dans une poche et s’ouvrir au monde extérieur à son rythme. Dans l’écharpe, le bébé entraîne ses muscles et sa colonne vertébrale. Son sens de l’équilibre se développe. Son métabolisme et sa circulation sanguine sont stimulés par la chaleur du corps du porteur. Les mouvements constants de celui-ci occasionnent un massage qui peut faciliter la digestion (en cas de coliques du nourrisson).
Le portage en écharpe renforce et développe le système nerveux. Le cerveau (parties antérieure et supérieure de l’encéphale responsables de la perception sensorielle) et le cervelet (parties postérieure et inférieure responsables de la motricité et de l’équilibre) sont stimulés simultanément. La perception sensorielle s’affine.
L’enfant est rassuré et peut se construire en toute confiance. Il ne craint pas la solitude, n’a pas à pleurer désespérément. Il apprend qu’il peut inconditionnellement compter sur papa et maman. Il peut observer et comprendre le monde autour de lui en étant « à hauteur d’homme » et en sécurité.